Originaire du Pas-de-Calais, Bernard CLARISSE naît au lendemain de
la guerre (1946), au cœur d’un hiver rigoureux (le 22 février) dans
une petite école de Normandie proche de Dieppe. Depuis la bâtisse a
disparu, rongée par les termites … Ce jour-là, la neige est si abondante
que le médecin ne peut accourir qu’en carriole à cheval, muni de ses
forceps pour l’accouchement du nouveau-né. Quelques semaines plus tard,
il est arraché de justesse aux flammes de son berceau par un grand-père
courageux, comme Asklépios du ventre de Coronis.
Par la suite, il prospèrera normalement d’écoles en écoles dans la campagne
normande. Partageant sa scolarité primaire entre la classe de papa,
autoritaire et celle de maman, plus laxiste ; il sera, comme au catéchisme,
dissipé, mais le 1er de la classe.
Tout change lorsqu’il se retrouve « pensionnaire » dès la 6ème. L’internat
de cette époque, étape obligatoire pour aller au lycée, est dur. À l’issue
de cette longue période de sa vie, tout juste égayée par l’apprentissage
de la peinture le dimanche avec un paysagiste de l’Ecole de Rouen –
Albert MALET – Bernard CLARISSE deviendra un bachelier scientifique
– peintre du dimanche.
Mal informé à l’époque, il ne sait quelle orientation choisir. Un concours
de circonstances lui permet d’apprendre que les études d’Histoire de
l’Art existent à Nanterre (Paris X). Il prend le train express ROUEN
– PARIS ST LAZARE, puis rejoint la banlieue jusqu’à « LA FOLIE », et
c’est là qu’il suit les études d’Histoire de l’Art et d’archéologie
avant, pendant et après les événements de mai 68, sur les mêmes bancs
que l’actuel directeur du Musée national d’Art moderne au centre Pompidou,
Alfred Pacquement.
Licencié en Histoire de l’art, il se réoriente en Arts Plastiques à
la Sorbonne (PARIS I). Après avoir obtenu une licence en Arts Plastiques,
une maîtrise en Histoire de l’art, il passe par une très brève carrière
d’instituteur, puis réussit le Capes et l’agrégation en Arts Plastiques.
Suite à un passage éclair en lycée puis au collège, il est nommé professeur
en Ecole Normale avant d’enseigner à l’institut universitaire de formation
des maîtres à Rouen. Pendant quelques années, il donnera des cours d’histoire
de l’art à l’université de Rouen, puis à Versailles. Bernard CLARISSE
collabore également depuis plus de dix ans à la revue « Mémoire des
Arts » pour laquelle il écrit régulièrement des articles suite à ses
nombreuses visites d’expositions (galeries, musées, biennales etc …).
Mais tout au long de sa vie, en dehors et à côté de son activité professionnelle,
il mènera une carrière artistique.
Elle sera, à ses débuts, éclectique : paysagiste, abstraite, surréaliste,
proche de la Figuration narrative … un roman d’apprentissage. Elle deviendra,
à ses yeux, plus authentique à partir des années 80, avec la rencontre
d’Asklépios, Dieu de la médecine.
Novembre 2009